Coït interrompu

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Crédit photo: Julien de Andraloha

Le 8 mars, nous avons finalement quitté les Exhumas après y avoir passé 1 mois et demie. Nous pouvons facilement comprendre pourquoi tant de gens restent dans cette région des Bahamas. L’eau y est extrêmement claire et limpide, la température clémente, la pêche au hawaïan sling y est bonne et on s’y sent pratiquement chez soi, surtout compte tenu des centaines de bateaux Québécois stationnés en permanence à Georgetown. Pourquoi alors avoir quitté ce petit coin de paradis?

De Georgetown, nous nous sommes rendus à Rhum Cay par une magnifique journée où le vent nous a poussé tout du long. Notre plaisir fut toutefois écourté par les trois fois où Charles fut malade et par notre ancrage houleux où nous peinâmes à récupérer. Ceci nous amena à nous questionner sur le trajet et la destination finale du voyage.

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Crédit photo: Francis de Manikoutai

Aucun parent n’aime voir son enfant malade. Nous décidâmes donc de laisser de côté notre plan de se rendre à l’Île-à-Vache (Haïti) au cours d’une traversée de 48 heures pour plutôt prendre une trajet plus simple, soit de passer par le nord de l’île regroupant Haïti et la République Dominicaine. De Rhum Cay, nous nous rendîmes à Clarence Town (Long Island). Encore une fois, le vent est avec nous, mais Charles a beaucoup de difficulté avec les vagues. Nous prenons 2 nuits de repos pour visiter la grotte et le fameux blue hole, un trou naturel de 660 pieds de profonds au fond d’une crique.

La ville est paisible est accueillante, mais nous quittons pour profiter d’une fenêtre météo de 24 heures qui nous permet d’atteindre, à voile et en partie à moteur, Mayaguana, notre dernier ancrage aux Bahamas. En chemin, nous retrouvons des bateaux que nous avions croisés aux Bahamas, soit Thalasso et Agatika. De telles retrouvailles dans l’Atlantique avec plus de 6000 pieds de profondeur sous le bateau ne sont pas coutume et nous sommes très heureux de revoir nos amis. Dès le lendemain DSC_0813matin, à 5 h, nous quittons l’ancrage pour une nouvelle destination; les Îles Turques-et-Caïques. La navigation nous donne notre lot d’émotions fortes: Nous attrapons un superbe Mahi-Mahi (ou dorade), mais dès le poisson ramené sur le pont, le génois descend d’un coup et tombe en partie à l’eau. Nous ramassons la voile en catastrophe pendant que le poisson se débat sur le pont comme un diable dans l’eau bénite. Une inspection rapide nous indique que la têtière de la voile s’est décousue; nous espérons donc que la réparation sera facile. 10 heures et 130$ plus tard, nous avons payé les douanes et le permis de naviguer dans ce nouveau pays. Les îles, très touristiques, très chères et peu peuplées, sont surtout un arrêt pratique permettant d’attendre la météo qui nous permettra d’atteindre la République Dominicaine. Nous y faisons quand même la rencontre intéressante d’un couple de touristes américains, Matt et Jenn, qui profite d’une villa avec accès sur la plage pour fêter la victoire des Eagles au dernier Superbowl. En plus d’être d’agréable compagnie, ils nous permettent même d’utiliser la douche et la machine à laver de leur villa. Le 18 mars, nous quittons notre ancrage pour nous rendre finalement en République Dominicaine, avec un arrêt de quelques heures à l’île de Sand Bar Cay. À une dizaine d’heures de notre destination, alors que la mer est si calme qu’on pourrait la décrire comme une mer d’huile, j’entends un bruit sourd et le bateau tourne à toute vitesse. La vis reliant l’autopilote au gouvernail a lâché et nous devons terminer la navigation manuellement, à la barre.

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Descente des waterfalls en République Dominicaine

Nous voici donc à Luperon, une baie bien protégée au Nord de la République Dominicaine, à nous demander ce que la suite du voyage nous réserve comme surprises et à nous questionner de nouveau sur notre trajet à suivre et notre destination finale. Ici aussi, une bonne nouvelle en accompagne une mauvaise: La voile est réparée pour une somme de 500 pesos, soit 10$ USD, et une nouvelle vis d’autopilote nous est machinée pour 800 pesos (17$ USD), mais ici on crève de chaleur et ça va être pire dans le Sud! Encore  encore un coït interrompu…

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Crédit photo: Francis de Manikoutai

 


2 réflexions sur “Coït interrompu

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