Septique du réservoir

Selon les normes américaines, tout bateau doté d’une toilette doit être aussi équipé d’un réservoir pour collecter les matières fécales, car il est interdit de rejeter ces déchets dans un lac. Les propriétaires précédents du bateau l’ont doté d’un réservoir flexible avec des tuyaux de faible qualité afin de répondre aux normes, mais sans souci des odeurs à long termes générées par le système. Sachant que nous allions vivre sur le bateau à temps plein, il fallait remplacer toute la tuyauterie pour éviter les odeurs.

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Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.

La première chose à faire dans ce cas est de décider de l’emplacement du nouveau réservoir. Les espaces sont limités sur un bateau et il faut réduire la longueur de la tuyauterie au strict minimum et du même coup les endroits où les rejets pourraient s’accumuler ou stagner. Sachant que la toilette est située juste devant le salon principal, nous sommes limités à la moitié avant du bateau. Afin d’avoir un réservoir assez gros, nous choisissons la section du bateau où était situé l’ancien réservoir, soit sous la couchette avant. Ensuite, il faut décider du matériau à employer et de la taille du réservoir. Le plus gros le réservoir, le moins souvent vous aurez à aller au quai pour le faire vider. Il existe sur le marché des réservoirs en plastique pré-fabriqués, mais leur coût est assez élevé (plus de 300$ US) et leur géométrie n’est pas appropriée pour l’emplacement choisi (fond de la couchette en V). Fort de mon cours nouvellement complété en fibre de verre, je décide de fabriquer mon propre réservoir en fibre de verre.

Il existe de multiples façons de faire un réservoir septique à partir d’un moule, mais je décrit ici ma méthode en utilisant le fond de la couchette comme moule. Pour éviter que le réservoir colle en place, j’applique un peu d’huile dans le fond de la couchette et j’y applique une épaisseur de papier d’aluminium. Je lamine ensuite un sandwich de fibre de verre mat-biaxial-mat. Une fois séché, je sors le réservoir du moule, et j’ajoute une autre couche mat-biaxial-mat à l’intérieur (si je l’avais fait sur l’extérieur, le réservoir n’aurait pas pu rentrer dans le moule). Je fabrique ensuite un couvercle plat à la forme du réservoir avec les mêmes couches de mat-biaxial-mat-mat-biaxial-mat. J’amincis les bords du couvercles et du réservoir sur 2 pouces de large. Ceci me donne l’espace pour laminer un joint mat-biaxial-mat entre le couvercle et le réservoir.

Ensuite, il reste à installer de la nouvelle tuyauterie et décider du parcourt à suivre. Les rejets partent de la toilette et sont pompés manuellement dans le haut du réservoir. Lorsque nous serons dans le Sud, il sera utile de pouvoir pomper le réservoir directement par-dessus le bord (ce qui est souvent légal en pleine mer). Je mets donc deux points de collection qui viennent chercher la matière au point le plus bas du réservoir. Un des points mène au  »pump out » (pompage de la marina) sur le pont et l’autre point à une pompe électrique 12V Whale (modèle BP2552B). J’utilise du tuyau de 1 pouce et demie Trident Odorshield à 5.75$ du pied. Il reste à mettre un tuyau de ventilation, essentiel au bon fonctionnement du système. Le tuyau doit être assez gros, pour éviter qu’il bloque et que le réservoir implose lors du pump out, et doit être assez court pour permettre une ventilation adéquate. Une bonne ventilation permet à l’oxygène de se rendre au réservoir, facilitant ainsi le travail des bonnes bactéries qui digèrent les résidus et réduisent les odeurs nauséabondes. J’ai donc pris du tuyau de 1 1/8 pouces qui se rend dans le haut du puits d’ancre juste devant la couchette. Nous verrons avec le temps si cette ventilation est suffisante. Si ce n’est pas le cas, j’ajouterai un autre tuyau de ventilation.

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Le réservoir finalement en place avec le tuyau d’insertion, les deux tuyaux de collections (en bas), le tuyau de ventilation (en haut) et le port de nettoyage (au milieu).

P.s. un merci spécial à Louise qui a su peindre le fond du réservoir avec de l’interprotect de manière si artistique!

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Le réservoir, sans le couvercle. Personne ne verra jamais l’oeuvre, mais pourquoi freiner l’élan d’un artiste en plein travail?

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